C’est un âne dans un pré en pente pas loin de l’océan. On le voit sur plusieurs photos qu’on m’a données. Pour l’instant je me contente du souvenir que j’ai
De cet âne sur les photos. Une première façon d’écrire. Non pas que mon but soit de simplement écrire, non: je voudrais écrire à cause de ces photos, à cause
Que quelqu’un a aimé photographier cet âne qui a fini par s’ébrouer dans la pente d’un pré, quelqu’un
Qui me dit en m’envoyant les photos que ce moment entre lui et un âne a existé et voilà, ça fait cette courte suite de clichés.
Je me souviens d’ailleurs mal du mouvement découpé que ça fait. En fait une suite d’images figées plutôt qu’un vrai mouvement.
Évidemment que l’âne a remué puisque je me souviens maintenant qu’il y a cette série d’images qui implique un ordre de ses gestes. Mais tout cela a pourtant disparu; sauf quand même que j’en parle. Se pourrait-il qu’écrire ajoute à des photos un peu de ce que l’appareil n’a pourtant pas retenu?
Si l’appareil avait été une caméra, le mouvement de l’âne serait encore là.
Si plutôt ça serait pas
Que l’image mouvementée d’un âne délivré de son bât, etc., et juste précipité dans une suite de photos seulement beaucoup plus rapprochées les unes des autres?
Film ou photos ça se ressemble en somme assez… illusion; ou quelle vérité selon le maniement qu’on en fait? Mais les mots qui viennent après?